Etienne Andrieux: Directeur du centre de collecte et traitement des demandes de visa pour la France au Koweït

AFK: Etienne, quel est ton parcours et quelles sont les raisons qui t’ont amené à t’installer récemment au Koweït ?

Mon arrivée au Koweït est à la fois due à un concours de circonstances professionnelles et à un désir de changement.

Depuis fin 2012, notre société CAPAGO, filiale d’un groupe français, opère au profit de l’Ambassade de France du Koweït, l’externalisation de la collecte et du traitement des demandes de visas pour aller en France et dans l’espace Schengen. En quelques mots nous sommes l’interface entre les services consulaires de l’ambassade et les voyageurs Koweitiens ou résidents étrangers au Koweït pour leur demande de visa.

Grâce au dynamisme de la communication de l’Ambassade ces dernières années et une forte implication dans l’amélioration des conditions d’accueil et de traitement des voyageurs, la progression est très forte en matière d’échange entre le Koweït et la France. Notre centre grandi chaque année un peu plus et le groupe renforce ses équipes et sa présence dans la zone du moyen orient car nous sommes également présent au Qatar depuis fin 2013.

Nous travaillons donc en étroite collaboration avec les services consulaires et de promotion de la France de l’Ambassade et autant dire qu’ils fournissent un travail remarquable au Koweït. Suite à la venue du Ministre des affaires étrangères et du développement international, Monsieur Laurent Fabius, le 7 Janvier dernier, les visas court séjours pour les koweitiens sont délivrés en 48h et le rayonnement de la France par la communication de l’ambassade met en valeur ce qu’elle a de meilleur dans le tourisme, l’éducation, la santé et les investissements d’affaires. Mon arrivée au Koweït s’est donc fait dans ce contexte et c’est un vrai challenge au quotidien.

Concernant mon parcours chez CAPAGO International avant d’arriver au Koweït, j’ai commencé en Afrique du sud où nous opérons 4 centres au profit des représentations diplomatiques françaises et italiennes. J’ai rapidement évolué d’une responsabilité régionale à la codirection de l’ensemble de l’Afrique du Sud.

Sur le plan académique je suis un transfuge, un juriste dans le monde du management! Après 6 années de droit à l’issue desquelles j’ai été qualifié en tant que juriste-conseil d’entreprise en France et en Allemagne, j’ai pris une orientation beaucoup plus marquée vers le management d’entreprise. J’ai suivi un programme de deux ans à HEC Paris en gestion des risques et des affaires internationales. J’avais en effet besoin sentir la réalité entrepreneuriale et la complexité des rapports humains que seule l’implication sur le terrain permet d’avoir. La dimension internationale est avant tout un choix de vie motivée par une grande curiosité !

AFKQuelle est ta perception du Koweït en tant que nouvel arrivant expatrié ?

Je me suis établi au Koweït en Aout 2014 et il est sûr qu’en venant d’Afrique du Sud, le Koweït est complètement différent, dépaysant voire déroutant ! Cependant je trouve le Koweït fascinant.

C’est un autre monde qui, aux premiers abords, m‘est apparu plein de contradictions entre une recherche avide de modernité et la prégnance de la tradition. Et c’est précisément ce décalage par rapport à mes propres réflexes que je recherche en tant qu’expatrié.

Le Koweït m’a demandé un temps d’adaptation et d’acclimatation pour trouver mon rythme. Il est vrai que la diversité en matière de divertissement peut paraître faible si on n’apprécie pas les Malls ou les plages koweitiennes mais il n’y a pas si peu de choses à faire qu’il n’y paraît : il y a beaucoup de restaurants, de salles ou clubs de sport, d’excursions ou de festivals … J’ai aussi été agréablement surpris de voir s’organiser un certain nombre de Street Market comme le Qoot Market à Sharq chaque mois d’hivers (à la manière des neighborhood markets à l’anglaise) ! Puis le Koweit et plus largement le Moyen Orient reste un hub aéroportuaire où beaucoup de destinations sont à distance raisonnable pour un week-end (quitte à être un peu prolongéJ) !

Il est vrai que si les Koweitiens ont un sens bien à eux de la conduite routière, ils sont pour la plupart généreux et curieux, ils sont très voyageurs et c’est toujours très intéressant d’échanger avec eux.

J’ai aussi été agréablement impressionné du dynamisme de la communauté Française au Koweït, des activités et des personnes impliquées. J’en profite pour te féliciter Philippe ainsi que tous les membres de l’AFK pour tout le travail accompli et la bonne humeur permanente ! Ce n’est pas forcément quelque chose que l’on retrouve dans beaucoup d’autres pays, donc encore félicitations !!

AFK: Quels sont tes projets personnels et professionnels pour 2015  ?

Il n’y a pas de forte démarcation entre mes projets personnels et professionnels dès lors que je m’épanoui dans les deux ! Je suis un grand amateur du thème. J’ai d’ailleurs une excellente raison d’être épanoui car j’ai depuis récemment une formidable épouse et nous sommes très heureux !

La suite sera de continuer à la réussite de la France en favorisant toujours plus son attractivité, de participer dans la mesure du possible à la communauté française, apprendre plus que des rudiments de la langue arabe et de continuer à découvrir le Koweït et sa région. Vaste programme !

Alshuhaf Street, Sharq, Kuwait City | Tel.: 2227 0555

Propos recueillis par Philippe Sauvan, Président de l'AFK

Brigitte Allemand: Conseiller Consulaire Koweit, Ryad, AL-Khobar

AFK: Parcours « Vous venez d’être élue Conseillère Consulaire, quel est votre parcours en quelques lignes ? »

J’ai fait mes études  à Marseille, Enseignement privé (ma Maman travaillait, oui il y avait déjà beaucoup de femmes qui travaillaient...! ), puis passage dans le public Hypokhâgne et enfin La Sorbonne à Paris, vous voyez déjà le goût des voyages…J'ai ensuite eu un parcours dans le monde de l'entreprise, avant de pouvoir enfin enseigner, ce qui avait toujours été ma vocation.

Les voyages là encore, tant en France qu'à l'étranger, ce qui m'a conduite, après de nombreuses étapes tout autour du monde, au Lycée francais de Koweit, où j'enseigne aujourd'hui avec bonheur.

Je suis  mère de cinq enfants.

Je me suis toujours impliquée dans la vie associative et j'ai d'ailleurs été la présidente et fondatrice d'une association de Français à l'étranger (l'UFE- Azerbaïdjan), après avoir été vice présidente de l'UFE- Libye.

Avec ma famille nous avons enfin créé une fondation pour soutenir la recherche médicale dans la lutte contre les maladies infectieuses en relation avec l'institut Pasteur et l'Hôpital Necker des enfants malades, à Paris.

Habituée aux problématiques de l’expatriation et aux relations avec les autorités consulaires, c'est tout naturellement que j'ai accepté de mener une liste pour les dernières et nouvelles élections des conseillers consulaires, pour défendre également les valeurs de liberté et de la République auxquelles je suis très attachée.

AFK: Responsabilités « Comment envisagez-vous votre rôle et quelle philosophie d’action est la vôtre ? »

Mon rôle est d’être le lien entre les communautés françaises de Ryiad, Al-Khobar et Koweit et les autorités consulaires françaises, tout spécialement dans les domaines de l’enseignement, l’action sociale, l’emploi, la sécurité et bien sûr la vie quotidienne, et je dois dire que nous sommes vraiment partie prenante  depuis notre élection pour les ambassades de Ryad et de Koweit, ce dont je les remercie au nom des électeurs qui nous ont fait confiance et tous les français de notre région.

Je dois également être le lien avec les élus représentant les Français de l'étranger, sénateurs mais aussi depuis peu, députés. Pour les rencontrer régulièrement, je sais qu'ils s'accordent à dire que les conseillers consulaires leur sont d'une grande aide dans leur mission, car, comme vous le savez leurs circonscriptions sont très étendues.

D'ailleurs, je profite de la parole que vous me donnez, pour souligner que dans cette nouvelle configuration de l'AFE (Assemblee des Français de l’Etranger), le gouvernement actuel a considéré qu'il n'y avait pas d'utilité à créer un poste de délégué consulaire (siégeant à cette assemblée) pour cette région du Golfe…. alors qu'il y en a 5 pour Israël-Palestine et 2 pour le Liban-Syrie, auxquels le Koweit est rattache.

Je ne pense pas que nous ayons la même problématique, ni le même potentiel économique, par exemple, pour notre pays, que ces deux pays. C'est un manque et je me bats avec l'aide de nos élus pour qu'il soit pris en compte.

Ma philosophie politique date de mes premières élections, j’avais 28 ans : écouter les Françaises et les Français, puis faire progresser les propositions auprès de nos élus nationaux, tout particulièrement les députés et sénateurs des Francais de l’étranger, car je pense que la politique est l'affaire de chacun, même si c'est à des niveaux différents.

Les valeurs que je défends sont simples et fondamentales, ce sont celles de notre République : liberté, égalité et fraternité.

Je n’aime pas de ce fait le sectarisme quel qu'il soit : A l’étranger nous sommes une seule communauté de Français, il nous faut dépasser les clivages,il faut pour notre pays des personnes charismatiques, capables de mener des réformes pragmatiques de notre société sans idéologie partisane et dans la concertation.

AFK: Projets « Avez-vous des projets ? »

Bien entendu et ce que je viens de vous dire, je crois, le montre ! Tout d’abord soutenir les actions de notre Ambassade à Koweit pour que ce soit l’ensemble de la communauté française qui porte la rayonnement de la France.

Ensuite, comme je l'avais annoncé pendant ma campagne, il me paraît important et urgent de développer un annuaire des anciens élèves Koweïtis ayant étudié au Lycée francais et  également dans les universités françaises afin de trouver en eux des ambassadeurs de notre pays ici au Koweît.

Enfin et pour ainsi dire surtout : soutenir et aider les actions des associations françaises de la région, car elles font un travail formidable : Bravo à toi Philippe et à ton équipe.
 
Portrait recueilli par Philippe Sauvan, Président de l'AFK

Jean-Pierre Hess: 30 ans d'expérience au Koweït

AFK: Quel est votre parcours à l’origine?

Jean-Pierre Hess: Titulaire d’une Licence Es Lettres Modernes, j’ai enseigné le français et exercé les fonctions de conseiller d’éducation au début de ma vie professionnelle. Après quelques années je me suis tourné vers les métiers du commerce, préparant et réussissant une formation  de ce qu’on appellerait aujourd’hui un MBA de business international. Ma connaissance de plusieurs langues a favorisé la tenue de postes à responsabilité en ventes, marketing et direction commerciale en France, aussi bien qu’à l’export dans divers pays européens.

AFK: Qu’est-ce qui vous a poussé au changement ?

JPH: Le 10 mai 1981, l’avènement socialiste et la répression fiscale qui en découla, furent pour moi les pierres d’angle d’une recherche de solution pour survivre à l’étranger. Il me fallut deux ans pour passer à l’acte. Après avoir payé mon « quitus fiscal », je partis de Strasbourg le 1er mai 1983, avec mon épouse et ma guitare, en voiture, en ne laissant rien derrière moi, ni même des regrets. Après 6000 km, en passant par Baghdad, nous arrivâmes le 15 mai au Koweït.

AFK: Qu’est-ce qui vous a retenu parmi nous si longtemps ?

JPH: Ce pays est resté ma base d’attache et m’a servi, depuis plus de trente ans, de plateforme pour toutes les  aventures commerciales qui ont jalonné mon parcours. Des succès incontestables durant la guerre d’Iraq avec l’Iran à la défaite tout court durant l’invasion du Koweït, j’ai été à la fois riche et pauvre, libre et prisonnier, indépendant et otage. Mais j’ai appris à survivre en travaillant sans filet. Du Yémen à Istanbul et de Casablanca à Kabul, j’ai gagné mes galons, ma crédibilité et mon surnom d’ « Indiana John ».

AFK: Et que faites-vous pour l’heure ?

JPH: Mes points forts on toujours été les Ventes et les Achats et mon expérience de la logistique de terrain, que j’ai utilisés pour mon propre compte le plus souvent et pour d’autres en tant que consultant. Actuellement, à l’âge de la retraite, je travaille pour M.H. Alshaya, le plus gros distributeur franchisé en devenir de la planète, comme responsable de projets de développement en Logistique à travers le monde.

AFK: Quel est votre rapport à la Communauté française ?

Je me suis toujours mis au service de la communauté française, avant, pendant et après l’invasion. Commercialement j’ai toujours défendu nos intérêts nationaux. Durant la guerre j’ai participé à l’action de l’Ambassade  comme support des 54 français « cachés », jusqu’à leur libération fin octobre 90. Après guerre je suis revenu, au mois d’avril 91, en mission bénévole pour le Ministère des AE, afin de procéder au recensement des pertes de nos compatriotes et de nos entreprises, pour étayer leurs dossiers auprès des Nations Unies. Plus tard, au milieu des années 90, j’ai été le rédacteur en chef de La Gazette, seul supplément hebdomadaire en français du Kuwait Times. J’y ai animé une équipe de 54 bénévoles tous issus de divers pays de la francophonie.  Plus tard, on m’a remis les insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite, pour services rendus à la communauté. Je participe toujours aux activités du Comité de l’AFK.
Le temps a passé si vite, qu’il m’a porté du 20ème au siècle présent, sans que réellement je m’en aperçoive.  Mais ce vécu, je l’aime dans son entièreté. Et je serais si heureux s’il voulait encore s’étendre un peu plus longtemps, pour m’aider à réaliser quelques idées et projets qui traînent toujours dans ma tête.

Portrait recueilli par Philippe Sauvan, Président de l'AFK

Monsieur Christian Nakhlé, Ambassadeur de France au Koweït


Monsieur Christian Nakhlé : Biographie
Nouvel Ambassadeur de France au Koweït depuis septembre 2013, M. Christian Nakhlé a présenté ses lettres de créance à Son Altesse Cheikh Sabah Al Ahmad Al Jaber Al Sabah le 4 novembre 2013 au Palais Bayan en devenant ainsi le seizième Ambassadeur de France au Koweït depuis l’établissement en 1964 des relations diplomatiques entre les deux pays.

M. Christian Nakhlé a débuté sa carrière au Ministère français des Affaires étrangères au Canada puis en Egypte. Lauréat du concours des Conseillers des Affaires étrangères du Cadre d’Orient (arabe littéral, arabe oriental), il rejoint en mars 1995 la Direction des ressources humaines du Quai d’Orsay avant d’être nommé en juillet 1997 sur des fonctions politiques au Consulat Général de France à Jérusalem. En août 2001, il est nommé Deuxième Conseiller à l’Ambassade de France au Caire (politique étrangère et Ligue des Etats Arabes) avant de rejoindre en octobre 2005 le Centre d’Analyse et de Prévision du Quai d’Orsay. En septembre 2008, il s’envole pour Djeddah, en Arabie Saoudite, où il est désigné Consul Général de France. Il sera notamment dans ces fonctions l’interlocuteur pour la France de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). De retour à Paris en mai 2012, il est nommé au cabinet du Ministre des Affaires étrangères dans les fonctions de Conseiller du Ministre pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

M. Christian Nakhlé est titulaire d’un diplôme d’ingénieur et diplômé en sciences économiques. Outre un diplôme supérieur de traduction (arabe littéral), il est titulaire d’une licence de persan de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (Paris). Ancien auditeur à l’Institut Diplomatique, M. Christian Nakhlé a participé aux jurys d’arabe littéral et oriental de divers concours de la fonction publique (concours des Affaires étrangères, ENA).

AFK : « Vous venez d’arriver au Koweït en tant qu’Ambassadeur de France, quel est votre parcours en quelques mots ? »

M. Christian Nakhlé, Ambassadeur de France au Koweit : Comme l’atteste la biographie qui précède l’article que vous vous apprêtez à publier, je me suis dès mon entrée au Quai d’Orsay spécialisé dans le suivi des dossiers du monde arabe et musulman. Ma connaissance linguistique et culturelle de la région m’a naturellement conduit à orienter ma carrière vers cette région du monde que j’apprécie tout particulièrement. A la pratique de l’arabe, s’est rajoutée la langue persane que j’ai eu la chance d’apprendre ces dernières années et qui m’a été particulièrement utile à l’époque où j’étais chargé au Centre d’Analyse et de Prévision au Quai d’Orsay d’une zone incluant l’Iran et l’Afghanistan. 
Mon parcours a autrement été essentiellement jalonné par des dossiers politiques : à Jérusalem, où j’étais chargé des relations avec l’Autorité Palestinienne en plus d’assurer les fonctions de Conseiller de presse ; au Caire, où je suivais la politique étrangère égyptienne et les dossiers ayant trait à la Ligue Arabe. Au Centre d’Analyse et de Prévision, m’ont été confiés les dossiers du Maghreb et du Moyen-Orient et j’ai pu ainsi parcourir le monde arabe et musulman, du Maroc à l’Iran et l’Afghanistan en passant par les monarchies du Golfe et le Yémen où je me suis rendu en mission à plusieurs reprises. A la tête du Consulat Général de France à Djeddah, en Arabie Saoudite, je couvrais également les activités de l’Organisation de la Coopération Islamique ainsi que de la Banque Islamique de Développement.
 
A mon retour en mai 2012 à Paris, j’ai rejoint le Cabinet du Ministre des Affaires étrangères en qualité de Conseiller du Ministre sur ma zone de prédilection, à savoir l’Afrique du Nord et le Moyen Orient. Dans le cadre de ces fonctions, exigeantes et passionnantes, j’ai eu la chance et l’honneur d’accompagner le Ministre lors de plus d’une vingtaine de tournées dans la région et plus d’une trentaine de destinations, dans les pays du Golfe notamment.

Ma nomination en tant qu’Ambassadeur de France au Koweït s’inscrit ainsi dans la continuité d’une carrière qui me prédestinait d’une certaine manière à occuper un premier poste d’Ambassadeur dans cette région du monde. J’en suis à la fois honoré et ravi, découvrant aujourd’hui un pays, le Koweït, à la fois fascinant et complexe, riche d’une histoire récente mouvementée (invasion irakienne), aujourd’hui apaisé dans ses relations avec l’ensemble des pays voisins qui font du Koweït un excellent poste d’observation de toute la région.

AFK : « Comment envisagez-vous votre rôle au Koweït et quelle philosophie d’action est la vôtre ? »

C.N. : Le rôle de tout Ambassadeur au Koweït, et je souhaite ici rendre hommage à mes prédécesseurs à ce poste, est de veiller aux bonnes relations diplomatique et politique de nos deux pays. Sur ce point, je peux vous rassurer, elles sont excellentes. Personne n’oublie ici que la France a contribué en 1991 à la libération du pays en expédiant sur place 19.000 hommes dans le cadre de l’opération Daguet, du nom donné à la participation de l’armée française à la coalition internationale formée suite à l’invasion du Koweït par l’Irak lors de la première guerre du Golfe.

Les Koweïtiens me le répètent très régulièrement et gardent en mémoire ce lien très fort qui nous unit et qui se rajoute au socle d’une amitié déjà ancienne entre nos deux pays. Au lendemain de l’indépendance du Koweït en 1961, la France a reconnu son nouveau statut dès le 28 août de cette même année devenant ainsi l’un des tout premiers pays à accueillir le Koweït au sein de la communauté internationale.

Mais au-delà de ces questions purement diplomatiques et politiques, ce qui frappe le plus en arrivant ici dans le pays est de voir l’amitié que nous portent les Koweïtiens. Ils me le disent, l’attestent au quotidien par la qualité et la chaleur de leur accueil. Ils en donnent également la preuve à en croire le nombre de visas que notre Consulat délivre tous les ans : plus de 40.000 en 2013 ! Les Koweïtiens aiment l’Europe, aiment la France, entretiennent de longue date une relation de proximité avec notre pays. Il m’est à plusieurs reprises arrivé de m’adresser en arabe à des interlocuteurs de très haut niveau dans le pays et de me voir répondre en français !

Mon ambition durant mes années de fonction au Koweït est donc d’entretenir ces liens, de les approfondir, de les accompagner également d’une plus grande proximité économique entre nos deux pays. Vous savez que le Ministre français des Affaires étrangères a fait de la « diplomatie économique » l’un de ses chevaux de bataille. Je m’y atèle avec force et enthousiasme, ayant durant toute ma carrière entretenu des rapports confiants avec le monde de l’entreprise et de l’industrie auquel me prédestinait à l’origine mes études d’ingénieur. Avec l’ensemble de l’équipe de l’Ambassade, et notamment du Conseiller économique, M. Michel Boivin, et de l’Attaché de Défense, le Colonel Patrick Perret, nous formons une équipe soudée et tournée vers la promotion des échanges entre nos deux pays. Nos entreprises en prennent la bonne direction. Depuis mon entrée en fonction en septembre 2013, des contrats majeurs ont abouti (Airbus, Technip) ou ont vu leur montage financier se finaliser (GDF Suez, Sidem) pour un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards de dollars américains… Vous ne m’empêcherez pas de pouvoir en parler avec fierté !
Nous n’allons certes pas nous arrêter en si bon chemin. J’ai l’ambition de revigorer le French Business Council in Kuwaït, notre club d’affaires franco-koweïtien, en accompagnant le travail effectué par son président actuel, M. Anthony Chalhoub, et les membres du FBCK.

Bien entendu, nous sommes ici au Koweït attendu sur de nombreux autres secteurs. Je citerai en priorité la promotion de la langue française, de notre espace culturel, de notre savoir-faire en matière de formation, de coopération universitaire, de domaine d’excellence à l’instar de la médecine. Nous disposons au Koweït d’un établissement scolaire, le lycée français, dont la réputation est excellente dans le pays et qui est fréquenté, fait à souligner, par de nombreux Koweïtiens qui en sont fort satisfaits.

AFK : « Avez-vous des projets au Koweït ? »

C.N. : Je crois avoir déjà partiellement répondu à votre question. Nos projets au Koweït sont nombreux. J’ai cité en priorité le suivi de notre diplomatie économique dans le pays. J’aurais pu aborder des pistes que nous explorons dans le domaine éducatif, en matière de santé, des partenariats que nous mettons en place avec nos amis Koweïtiens. Je préfère ici vous donner le sens de mon action dans le pays, celui de l’ensemble de l’équipe de l’Ambassade bien entendu. Vous savez peut-être que tout Ambassadeur de France est tenu de présenter à ses autorités à Paris un « plan d’action » dans les six premiers mois de son séjour à l’étranger. Nous travaillons mon équipe et moi sur ce plan d’action de l’Ambassade et, croyez-moi, nous le mettrons en œuvre avec enthousiasme et dynamisme car nous croyons tous à l’immense potentiel que recèle le Koweït, à son empathie pour la France et à notre capacité collective à porter haut et fort les couleurs de notre pays.

Portrait recueilli par Philippe Sauvan, Président de l'AFK